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 Condottieri ou les grandes compagnies en Italie

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Gérault d'Armagnac
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Age : 45
Localisation : Sablons
Date d'inscription : 08/02/2009

MessageSujet: Condottieri ou les grandes compagnies en Italie   Jeu 11 Mar - 15:23

O R I G I N E S

L'utilisation de mercenaires en tant que complément aux troupes régulières remonte aux deniers siècles de l'empire romain d'occident. A cette époque, et depuis l'édit de Marius portant l'engagement du légionnaire à vingt ans, le nombre de volontaires décline lentement et l'empire se trouve en déficit de soldats.
Ce problème est résolu par une source de recrutement inattendue : les envahisseurs germains, désireux de s'intégrer paisiblement à la vie romaine plutôt que d'imposer leur domination, mettent leur expérience d'hommes d'armes et de chefs de guerre au service du sénat et du peuple. Ils viennent grossir les rangs des légions, et les plus méritants d'entre eux deviennent d'exceptionnels généraux.

A la chute de l'empire, ce sont les " rois barbares " qui, à leur tour, se tournent vers des professionnels de la guerre pour épauler leurs armées. La pratique périclite cependant durant le haut moyen-âge, où les suzerains favorisent le retour aux troupes régulières plus conformes à l'idéal chevaleresque. Le recours aux mercenaires perdure ici et là, mais devient une pratique plus marginale.

Le problème du manque de soldats se pose à nouveau à la fin du moyen-âge. Dans l'Italie septentrionale et centrale, notamment, la croissance des cités, de l'économie et des richesses provoque une situation de tension constante et de guerre larvée. Les communautés urbaines, soucieuses de préserver leurs milices et de s'épargner les risques démographiques liés à la conscription, doivent alors rechercher de nouveaux moyens de défendre leurs intérêts et de mener campagne. Or, à cette époque, le développement démographique, l'esprit de croisade et la généralisation du droit d'aînesse en Europe tendent à créer un surplus de guerriers capables et inemployés.

Ces hommes, qui voient dans le contexte politique italien une source inespérée d'embauche et de butin, se mettent donc à dériver vers la péninsule.

On voit ainsi se former aux environs du XIVème siècle une multitude de groupes de mercenaires qui écument le nord de l'Italie en quête de recrutement. Ces troupes, d'origine hétéroclite (on y retrouve aussi bien des français que des catalans, des allemands ou des hongrois), s'organisent en compagnies hiérarchisées, sortes de corporations menées par un commandant.
Ces chefs de compagnie prennent le nom de Condottieri, du latin conducere, conduire.

Les condottieri sont donc, à l'origine, majoritairement étrangers. Mais petit à petit, la situation européenne offre à ces mercenaires la possibilité d'aller vendre leurs services ailleurs. En outre, on assiste à la montée d'un sentiment xénophobe en Italie, associé à l'affermissement des grandes cités.

La situation devient donc beaucoup plus difficile pour les capitaines étrangers, et ceux ci préfèrent retourner combattre en France ou en Allemagne. Ils sont alors remplacés par des italiens de valeur professionnelle, formés à la guerre par leurs homologues transalpins. Les capitaines autochtones se retrouvent ainsi sans rivaux à la fin du XIVème siècle.

L' Â G E D' O R

La grande majorité des condottieri est d'extraction noble. En effet, les compétences et la capacité financière qu'exigent la levée et le commandement d'une armée sont à cette époque liées à la noblesse, et il y a peu de grandes carrières militaires en dehors de cette classe sociale. Le principe connaît bien entendu des exceptions, notamment avec Piccinino et Muzio Attendolo qui parviennent à des situations de grand prestige grâce à leurs qualités militaires, mais leurs exemples restent des cas à part. Et si des nobles embrassent la carrière de condottieri, c'est avant tout à cause de la pression exercée par l'extension des cités, qui menace leur prestige et leur style de vie. Ce sont pour la plupart des hommes qui peuvent recruter facilement des troupes sur leurs domaines, et trouvent dans ceux ci une base de repli.
Assez petites au début, les compagnies des condottieri vont croître rapidement, jusqu'à atteindre de 2000 à 3000 hommes pour les capitaines les plus renommés. Ces troupes sont essentiellement composées de cavalerie et utilisent des tactiques manœuvrières pour éviter la bataille rangée, sauf circonstances exceptionnellement favorables.

Deux écoles de stratégie circulent : L'école de Sforzeschi (créée par Sforza), qui privilégie l'utilisation de petites troupes lourdes dans des opérations coordonnées et synchronisées. L'école de Bracceschi (créée par Braccio), basée sur un système de rotation des troupes permettant aux soldats fatigués de prendre du repos pendant que d'autres, plus frais, combattent.

L'intervention des condottieri et de leurs mercenaires constitue un atout déterminant dans les conflits entre Etats, et les princes font régulièrement appel à leurs services plutôt que de s'en remettre à leurs généraux dont ils craignent les ambitions. Les condottieri ont conscience de leur efficacité et de leur supériorité sur les milices communales. C'est pourquoi ils se vendent à prix d'or.

Lorsqu'ils se mettent au service des cités, les condottieri concluent avec elles une sorte de contrat de loyauté appelé Condotta. Celui-ci mentionne la nature du service attendu (solde pleine, demi-solde, in aspetto "en attente"), l'effectif (compté par "lances"), l'équipement et la qualité de la compagnie, l'échelle des soldes et la durée du service. Les condotte prévoient également, dans la plupart des cas, l'institution de commissaires civils destinés à accompagner les armées mercenaires en campagne. Ces collaterali, membres du corps politique, ont pour rôle de conseiller les capitaines et de faire rapport au gouvernement du comportement de l'armée.

Les rétributions prévues sont directement versées au condottiere qui doit, pour assurer la continuité et la loyauté de sa compagnie, verser à ses hommes des soldes régulières. Le capitaine lui-même peut se voir récompenser par des domaines, ou diverses sortes de titres. Il peut ainsi être nommé citoyen d'honneur d'une cité, membre honoraire de la famille d'un prince, ou rentrer au Grand Conseil d'un Etat. Mais s'ils sont grassement rémunérés, les mercenaires sont également soumis à des peines et des sanctions en cas de désobéissance ou d'indiscipline. Parmi celles-ci, le congédiement, la disgrâce, et même la mort. Ainsi Bussone Da Carmagnola, soupçonné par Venise de trahison au profit de Milan, est-il exécuté publiquement en 1432…

G U E L F E S E T G I B E L I N S

Les guelfes et les gibelins sont des clans politiques dont la rivalité déchira l'Italie du XIIIe au XVe siècle. Ils tirent leurs noms de deux familles allemandes prétendant au titre impérial: les Welfen de Bavière (d'où vient le terme «guelfe») et les Hohenstaufen, seigneurs de Waiblingen (origine du mot «gibelins»).



Le 28 septembre 1197, la mort prématurée de Henri VI, empereur romain germanique, plongea l'Empire dans le chaos. La famille régnante des Staufen, possesseurs du château de Waiblingen, parvint à faire élire roi Philippe de Souabe, dont on voulait faire un évêque (mai 1198). Le clan des Welfen, la famille du duc déchu de Saxe et de Bavière, Henri le Lion, réunit un groupe de princes qui choisirent le fils de ce prince, Otton de Brunswick (juin 1198). Les deux furent couronnés, et l'Empire se partagea dès lors entre les partisans de l'un et de l'autre.
En 1215 éclata à Florence une querelle entre deux familles, les Buondelmonte et les Arrighi, qui cherchèrent des appuis, la première chez les partisans de Frédéric II de Hohenstaufen (les gibelins), la seconde chez les partisans d'Otton (les guelfes).

Les gibelins étaient des partisans d'un pouvoir fort sous l'égide de l'empereur, les guelfes penchaient du côté du pape et défendaient le principe de la suprématie du pouvoir spirituel sur le temporel. Les gibelins tentèrent d'utiliser l'idéologie impériale contre le pape et le peuple romain. L'appel lancé par la curie à Charles d'Anjou fit alors des guelfes non plus seulement des partisans de la suprématie du pape, mais aussi des soutiens des Angevins d'Italie. En réalité, guelfes et gibelins reproduisirent dans les villes italiennes d'antiques oppositions locales, visibles dans le choix des devises, des étendards, des signes de reconnaissance. La lutte se prolongea jusqu'au XVe siècle, notamment à Florence, où guelfe était synonyme de bon patriote.

Bien des événements des villes d'Italie et des théories de la fin du Moyen Âge ne peuvent se comprendre sans référence à l'opposition des deux clans, comme en témoignent la vie et l'œuvre de Dante.
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Cabaret

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Age : 48
Date d'inscription : 11/02/2009

MessageSujet: Re: Condottieri ou les grandes compagnies en Italie   Jeu 11 Mar - 17:36

cool ce texte, j'ai appris plein ce de choses Very Happy
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Condottieri ou les grandes compagnies en Italie
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