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 Lyon... depuis la mi XIVe

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Gérault d'Armagnac
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Localisation : Sablons
Date d'inscription : 08/02/2009

MessageSujet: Lyon... depuis la mi XIVe   Jeu 11 Mar - 1:38

3 - Lyon, ville royale de France
3.1- Le "transport" de Lyon à la France en 1312.
Depuis le début des années 1290, les intentions françaises concernant Lyon se font de plus en plus précises. En 1292, Philippe le Bel se déclare protecteur de la Ville. Les Français bénéficient de nombreux soutiens, notamment de la part des marchands et banquiers étrangers, aux yeux desquels une intégration au royaume leur en ouvrirait grand les portes. Au sein de l'Eglise, les luttes de pouvoir entre les chanoines et les archevêques successifs, acquis pour la plupart à la cause savoyarde, jouent également en faveur de la France. Après de multiples tractations, l'évêque Louis de Villars (1301-1308), doit accepter la suzeraineté du roi de France en 1307 et Philippe le Bel crée pour administrer la ville un conseil local constitué de douze consuls élus.
Mais la situation s'envenime avec l'arrivée du nouvel archevêque Pierre de Savoie (1308-1332), fils de Thomas III de Piémont, donc neveu d'Amédée V, qui veut restaurer pleinement les droits de l'Eglise. Il suscite une révolte des lyonnais contre les représentants du roi. En 1310, Philippe le Bel envoie son fils, le futur Louis le hutin, à la tête d'une armée. Le peuple doit se soumettre et l'archevêque est arrêté (en fait, mis en résidence surveillée dans son chateau de Pierre Scize), il sera libéré grace à l'intervention du pape et après avoir accepté le traité de Vienne du 12 avril 1312 par lequel il doit accepter l'annexion de la Ville à la France et il perd alors l'essentiel des pouvoirs temporels régaliens qu'il pouvait avoir (notamment, les attributions qui, en France, sont réservées au roi, comme le droit de justice souveraine). Les problèmes avec les lyonnais continuent et finalement, l'archevêque doit accepter en 1320 d'accorder des franchises par ce qu'on appelle la "charte sapaudine" (du nom de Sabaudia, Savoie). Cette charte est publiée le 21 juin 1320, avec "le consentement" du roi (Philippe V le long), elle institue un véritable pouvoir communal (consulat) et l'archevêque n'a plus que des pouvoirs religieux.A cette occasion, un dénombrement partiel permet d'estimer la population lyonnaise à plus de 15 000 habitants.

Malgré la présence de la France à Lyon et les démêlés de son neveu l'archevêque avec le roi de France, Amédée V continue à s'intéresser à la ville de Lyon.
En 1310, il achète à une parente, Catherine de Miolans, veuve de Jean de Chandieu, tous les droits que son défunt mari possédait entre son château de Chandieu et le fleuve Rhône, c'est à dire la plaine du Velin, à savoir : les villages de Manissieu, Saint Bonnet de Mure, Saint Laurent de Mure, Grenay, Saint Priest, Vaulx en Velin, Bron, Villeurbanne, Bechevelin ….La vente se fit pour 2000 livres, une somme considérable pour l'époque. Ainsi, soit à titre de seigneur, soit comme représentant de l'empereur germanique, le comte de Savoie peut agir jusqu'au Pont du Rhône (pont de la Guillotière)

Le 15 janvier 1315, le comte Amédée V achète aux Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem une partie de l'ancien Temple qu'ils avaient reçu après la dissolution de l'ordre des Templiers en 1312. Il en fait un palais qui sert de pied à terre à la famille de Savoie. Le 22 février 1407, le comte Amédée VIII fait don de la propriété à l'Ordre des Célestins. Lors de la sécularisation de l'Ordre, le roi de Sardaigne Victor-Amédée II, en obtint la restitution en 1784 en sa qualité d'héritier du donateur. Il revendit immédiatement la propriété à un entrepreneur pour la somme de 1.500.000 livres. Lors de la transformation du monastère au XVIIIème siècle, la Ville créa une nouvelle rue qui, tout naturellement, reçut le nom de "rue de Savoie" (rue qui existe toujours). Auparavant, les comtes avaient déjà un pied à terre à Lyon mais sur la rive droite de la Saône près de la porte de Savoie qui était un des accès au cloître fortifié de Saint Jean. Aujourd'hui, cet endroit se situe rue d'Estrées à la limite de la rue de la bombarde.


3.2 - Aux portes du monde savoyard
Les relations franco-savoyardes sont compliquées par le transport du Dauphiné à la France en 1349, alors que le conflit delphino-savoyard s'éternise. Les environs de Lyon sont le théâtre de nombreuses opérations militaires, en particulier en Dombes et en Valbonne.
Finalement, après 70 ans de guerre, la situation change car ce n'est plus un conflit entre la Savoie et le Dauphiné mais entre la Savoie et la France qui, malgré la guerre avec les Anglais, est un adversaire plus redoutable que le Dauphin. De plus, le roi Jean le Bon veut en finir justement à cause de la guerre avec les Anglais et, notamment, le désastre de Crécy en 1346 et, pour cela, l'alliance avec les Savoyards lui serait bien utile. Par ailleurs, ni lui ni son fils, ne sont sensibilisés aux problèmes locaux de voisinage avec la Savoie ni aux conflits du passé. Aussi des accords sont plus faciles à trouver, ceci d'autant plus que la grande peste de 1348 a beaucoup affaibli la France.
Aux termes du traité du 5 janvier 1355, dit traité de Paris, qui met fin à la guerre entre la Savoie et le Dauphiné, on procède à des échanges de territoires et on supprime toutes les enclaves de part et d'autre des frontières:
- le roi de France (au nom du Dauphiné) cède définitivement au comte de Savoie toutes les possessions du Dauphiné situées à droite du Rhône, soit :
. Dombes (hors le "Beaujolais d'empire" appartenant aux sires de Beaujeu et les paroisses relevant de l'Eglise de Lyon (Neuville et une dizaine de paroisses voisines) ainsi que la sirerie de Villars les Dombes
. le pays de Gex
. la Valbonne (aujourd'hui, partie du département de l'Ain). Il s'agit des régions de Miribel, Montluel, Meximieux, Pérouges, Ambérieu.
NB : La sirerie de Villars les Dombes a été achetée au Sire de Villars par Amédée VIII en 1402 (région de Villars-les-Dombes et Valromey). C'est à ce même Odon de Villars qu'il avait acheté le Genevois par le traité du 5 août 1401.
- le comte de Savoie cède au roi de France toutes ses possessions situées sur la rive gauche du Rhône et du Guiers (on précisera plus tard qu'il s'agit du Guiers vif), aujourd'hui incluses dans les départements de l'Isère et du Rhône, donc toutes ses possessions du Viennois, y compris les achats de 1310 à la veuve du comte de Chandieu. Cette cession ne sera effective qu'en 1377.
- le comte de Savoie récupère le Faucigny que le comte Pierre II de Savoie avait donné en dot à sa fille Béatrice, lors de son mariage avec le Dauphin Guigues VII.

Dans le cadre de cet accord, le jeune comte de Savoie, Amédée VI, épousera Bonne, fille du duc de Bourbon et cousine du roi Jean le Bon. En outre, le comte de Savoie doit fournir, en juin 1355, une armée pour laquelle le roi versera 40 000 florins de Florence.

Pendant plus de vingt ans, la Savoie contrôle donc l'essentiel des voies d'accès à Lyon, mais en souffre surtout car elle doit faire face aux ravages causés par des compagnies de "routiers" désœuvrées par l'arrêt de la guerre de cent ans, notamment les Tard-venus de Séguin de Badefol, installés à Anse et à Brignais. Il n'est donc pas question pour Amédée VI de chercher à conquérir la ville de Lyon, d'autant que dans les années 1377-1380 il est contraint de recourir à la force pour obliger Edouard II de Beaujeu à l'hommage pour le Beaujolais d'Empire (terres relevant du sire de Beaujeu mais situées sur la rive gauche de la Saône, territoire impérial placé sous l'autorité du comte de Savoie en sa qualité de vicaire de l'empereur).

En 1382, Amédée VI signe à Lyon un traité d'alliance avec Louis d'Anjou pour une expédition dans le royaume de Sicile qui lui sera fatale, puisque c'est lors de cette expédition qu'il mourut de la peste près de Naples. Sous le principat d'Amédée VIII, deux territoires impériaux relevant de la Savoie sont revendiqués par la France: le Beaujolais d'Empire, qui appartient désormais au duc de Bourbon et le Franc-Lyonnais, ancienne dépendance de l'église de Lyon, constitué de treize paroisses autour de Vimy (actuelle Neuville-sur-Saône). Leur statut n'est définitivement réglé qu'en 1475 par la soumission de ces paroisses au roi de France. Amédée VIII, qui craint que la guerre civile déchirant la France ne menace la sécurité de la Savoie, invite Armagnacs et Bourguignons à de nombreuses conférences de paix, entre autres à Montluel en 1424 et 1425, à Bourg en Bresse, à Yenne en 1428….. Lyon est en effet aux mains des Armagnacs, partisans du Dauphin Charles, elle ne peut donc accueillir semblables réunions.
Dans les années 1417 à 1444, les "routiers" constituent à nouveau la principale menace. Les ducs de Savoie Amédée VIII et Louis 1er luttent contre eux, un certain nombre d'entre eux participant d'ailleurs à la bataille d'Anthon (1430) qui sonne le glas définitif des ambitions savoyardes en Viennois.


3.3 - La question des foires et l'essor de Lyon
Au début du XVe siècle, à cause des guerres et des pestes, Lyon n'est pas cet atout que Philippe le Bel avait imaginé et sa population a chuté au-dessous de 10 000 habitants. En 1420, au plus fort de la guerre civile en France entre les Armagnacs et la Bourguignons, le Dauphin Charles décide de dynamiser l'économie locale en attirant les marchands étrangers; pour cela, il crée deux foires annuelles, qui se déroulent sur l'actuelle place du Change. Devenu roi le Charles VII, il en ajoute une troisième en 1444 et accorde entre 1454 et 1457 des sauf-conduits à tous ceux qui souhaitent s'y rendre.

Malgré tout, ces foires palissent face à celles de Genève, au nombre de quatre et solidement ancrées dans le calendrier depuis le XIIe siècle. Louis XI, en parfait connaisseur de la région et du rôle du commerce dans un état moderne, déclenche en 1462-1463 une véritable guerre économique: il interdit aux marchands français de se rendre aux foires de Genève, puis crée une quatrième foire à Lyon et aligne les dates des foires sur celles de Genève. La réaction savoyarde se fait attendre (Genève est alors sous la tutelle de fait du duché depuis que Amédée VIII est devenu pape puis évêque de la ville de 1449 à 1451). Finalement en 1465, le comte Amédée IX et Yolande de France interdisent à toute marchandise de quitter le territoire savoyard pendant la durée des foires, ce qui pousse les Médicis, pourtant alliés des ducs, à quitter Genève pour Lyon. En 1467, deux conférences tenues à Montluel aboutissent au rétablissement de la liberté de commerce entre les deux états ... mais Louis XI en déclare les décisions nulles et non avenues à la fin de l'année. Yolande de France (mère et tutrice du duc de Savoie, est aussi la sœur de Louis XI) interdit alors aux marchands savoyards de se rendre à Lyon, mais connaît un coup dur avec la défection des cantons Suisses, convaincus par le roi de France de délaisser Genève au profit de Lyon en échange d'avantages importants.

En 1477, la Confédération impose d'ailleurs une lourde rançon à la ville de Genève, qui aggrave encore ses difficultés économiques. Entre temps, Barthélémy Buyer et Guillaume Le Roy ont implanté l'imprimerie à Lyon et la ville compte à la fin du siècle une cinquantaine d'imprimeurs. Cette activité contribue au développement économique de Lyon, qui profite aussi d'un début de croissance au sein du royaume, alors que la Savoie traverse une période difficile sur le plan économique. De plus, à partir de 1494, les rois de France séjournent régulièrement à la maison de Roanne - rebaptisée "palais royal" - sur la route des guerres d'Italie. Lyon attire artistes et marchands, avant d'accueillir la fabrication de la soie. C'est en 1516 que François 1er autorise cette nouvelle industrie sous l'impulsion de Turquet, un marchand piémontais; Genève se rallie à la même époque à la Confédération helvétique et la Savoie, affaiblie, n'est plus en mesure de rivaliser avec la France.

Source : http://pagesperso-orange.fr/umas/lyon-moyen-age.html
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Age : 48
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MessageSujet: Re: Lyon... depuis la mi XIVe   Jeu 11 Mar - 12:26

un super texte, clair et precis
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Cabaret

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Age : 48
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MessageSujet: Re: Lyon... depuis la mi XIVe   Dim 13 Juin - 20:12

les rempart de lyon en 1350 .... trouvé sur ce lien qui decortique les lieux de la ville de lyon ont subsiste des vestiges des reparts detruit en 1793

http://qse.free.fr/spip.php?article10


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MessageSujet: Re: Lyon... depuis la mi XIVe   

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