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 De la chandelle à la lanterne

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Gérault d'Armagnac
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Age : 45
Localisation : Sablons
Date d'inscription : 08/02/2009

MessageSujet: De la chandelle à la lanterne   Ven 5 Mar - 23:39

L'éclairage au Moyen-Âge : De la chandelle à la lanterne



Il faudra donc attendre le moyen âge pour qu'apparaissent les chandelles dont on attribue la paternité aux « celtes » entre 100 et 500 ans ap. JC. Il ne s'agit là que d'un reconditionnement des lampes antiques, probablement conçu à défaut d'autre moyen d'éclairage. Le suif durci autour d'une mèche est plus ou moins roulé en boule pour obtenir un mode d'éclairage autonome. Une avancée technique modeste qui permettra cependant de mettre au point les lanternes à bougie apparues au bas moyen âge, et qui vont progressivement concurencer les lampes à huiles utilisées jusqu'alors. Une simple enveloppe de métal percée de quelques petits orifices et pourvue d'une mince lame de corne protège la chandelle du vent des des courants d'air. En 1067 c'est la corporation des bouchers qui en France, fond les graisses pour fabriquer les bougies. Les lanternes sont fabriquées chez les peigniers tabletiers qui ont le privilège de travailler la corne.



Chandelier médiéval

Chez les moins fortunés, on continue d'utiliser les modes d'éclairage les plus simple et les moins coûteux : le feu de la cheminée qui cuit le repas et éclaire la tablée, ou les brûle joncs s'apparentant à des torches antiques faites de joncs assemblées par un crochet et trempées dans de la graisse. On imagine seulement ce que ces différents procédés produisent en fumées en comparaison aux faibles flammes produites. Les plus riches en revanche bénéficient des éclairages les plus raffinés constitués par des cierges de cire d'abeille produisant une lumière bien plus agréable mais extrêmement onéreuse. La production de chandelles de toutes sortes, et particulièrement de suif fera l'objet d'une « industrie » très organisée pour alimenter tous ces foyers.



Cierges et chandelles développeront aussi la production de chandeliers plus ou moins élaborés, à une ou plusieurs branches, généralement plantés sur un clou fixé à une coupelle servant de réceptacle à la cire fondue. Certaines sont aussi introduites dans des tubes poussant la bougie vers le haut grâce à un ressort ou une molette. Les bougeoirs servent généralement aux lieux abrités par le vent à la différence des lanternes qu'on peut déplacer n'importe où et en particulier à l'extérieur. Quelques unes sont placées pendant la nuit à coté de statues de la vierge ou aux portes des couvents et des églises. Dans les villes qui se constituent peu à peu vers l'an 1200, les ruelles sont de véritables coupe gorges dès la tombée de l'obscurité. Voleurs et détrousseurs sévissent à l'abri des regards, et il ne fait pas bon s'attarder à l'extérieur sans escorte. Boileau composa à cet effet un petit poème qui décrit parfaitement l'ambiance de l'époque:

"Le bois le plus funeste et le moins fréquenté,

est au prix de Paris un lieu de sûreté,

Malheureux donc à celui qu'une affaire imprévue,

Engage un peu trop au tard au détour d'une rue."

Non que Paris soit en ce temps plus mal fâmé que les autres villes d'Europe ou du monde, mais l'histoire de l'éclairage va y faire un détour pour deux simples raisons : la ville s'accroît rapidement et devient l'une des vaste et et plus riche cité du monde. Elle y concentre en outre le pouvoir seigneurial puis royal d'où partent les décisions importantes qui seront progressivement mises en application dans ce qui devint plus tard la Capitale. Les autres agglomération Françaises profiteront de ces innovations progressivement. Le mot bougie apparaît pour la première fois dans une ordonnance de Philippe le bel en 1315. Ce simple changement de terminologie annonce en quelque sorte une ère nouvelle de l'éclairage non plus individuel, mais public.



De l'insécurité, à l'éclairage public médiéval

L'insécurité sera donc le moteur d'une idée nouvelle : l'éclairage public, qui s'installera laborieusement dans les ruelles à force de décrets, d'édits et d'ordonnances. En 1525, la bande des « mauvais garçons » sévit dans la capitale et détrousse aussi bien les passants que le guet, une brigade de soldats chargée de la sécurité des rues. A ces brigands s'ajoutent les bandes Italiennes, Corses, anciens militaires mal payés ou déserteurs profitant de la nuit pour agir. Cette même année « l' édit des lanternes et du guet » va ordonner la suspension devant chaque maison de lanternes, mais ce décret peu suivi restera sans effet et les "détroussages" se poursuivront avec la même ampleur. En 1558 un nouveau décret remplace le précédent et décide qu'à la place des lanternes placées devant les portes et fenêtres, des foyers seront alimentés par le guet aux coins de rue de dix heure du soir à quatre heures du matin. Les foyers étant éteints, on se décidera finalement par les remplacer par des lanternes. Tous ces règlements difficiles à mettre en œuvre se révéleront d'une impuissance notable, mais feront apparaître un véritable besoin de cet éclairage collectif tant attendu. On finira pendant le siècle suivant par mettre en place un service public constitué par des portes flambeaux (ou portes lanternes) chargés d'accompagner, de conduire et d'éclairer les personnes obligées de traverser les rues pendant la nuit.
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Gérault d'Armagnac
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Age : 45
Localisation : Sablons
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MessageSujet: Re: De la chandelle à la lanterne   Ven 5 Mar - 23:40

Sentence du prévôt de Paris du 11 février 1372
qui adjoint deux bouchers aux jurés chandeliers pour la visite des suifs chez lesdits chandeliers.



"A tous ceulz qui ces lettres verront, Hugues Aubriot, garde de la prevosté de Paris, commissaire et général réformateur ordonné et député de par le Roy nostre Sire, sur les mestiers de la ville de Paris, salut.

Savoir faisons que pour éviter les fraudes et malices qui ont esté faites ou temps passé et que l'eu fait de jour en jour, ou pourroit faire ou temps advenir, sur le fait du suif que l'en fait et vend a Paris pour faire chandelles, et pour le proufilt et gouvernement du commun peuple de la ville de Paris et de ceulx qui y fréquentent et affluent, Nous voulans sur ces choses pourveoir de remède pour l'utilité de la chose publique et a ce que bonnes denrées et loyaulx soient faittes et vendues en laditte Ville et ailleurs, ez mettes (1) de nostre jurisdiction, avons ordonné, en augmentant le anciens registres du mestier des chandeliers de Paris, lesquels nous avons veuz e fait veoir a grant diligence, que doresnavant a faire la Visitation du suif, dont l'en fait ou pourroit faire chandelles, aura deux bouchiers qui y seront appeliez et establiz par nous avecques les jurez du mestier des chandeliers de Paris, pour plus deuement faire ladicte Visitation ; lesquels bouchiers et chandeliers, pour leur peine et salaire, et afin qu'ils soient plus diligens de faire visitation, auront le quart des amendes qui escharront du fait d'icelle visitacion. En tesmoing de ce nous avons fait mettre a ces letres le scel de la prevosté de Paris. Ce fu fait eu jugement, ou Chastellet de Paris, le jeudy onzième jour de février, l'an mil trois cents soixante et onze".





(1) du latin "Meta" : borne, limite. Deux cercles autour de la ville de Paris : d'abord la banlieue, large de deux lieues, dans laquelle les obligation sont les mêmes que dans la ville.

Ensuite, les bornes, plus éloignées où certains privilèges parisiens s'exercent. En particulier l'obligation de s'associer avec un "français", un membre de la Hanse parisienne pour transporter des marchandises sur le fleuve. En aval de Pontoise, la Hanse de Rouen prenait le relais.










LE LIVRE DES MÉTIERS d'Etienne Boileau.


Analyse par René de Lespinasse et François Bonnardot, Paris, 1879


L'apprentissage pour la fabrication des chandelles était de six ans. Tout individu arrivant à Paris, qui voulait entrer dans le métier, devait prouver qu'il avait fait ces six années. La veuve continuait à tenir les apprentis entrés du vivant de son mari.


La fabrication et la vente des chandelles était l'objet d'une surveillance scrupuleuse de la part des quatre Jurés du métier. La fraude se faisant surtout par le mélange de mauvaises graisses avec le suif, on défendait tous rapports entre Chandeliers et Regrattiers, parce que ceux-ci cherchaient à utiliser leurs résidus dans la fabrication des chandelles. L'amende de cinq sous et la perte des objets falsifiés était rigoureusement appliquée : "Fause oeuvre de chandoile de suif," dit l'article 14, " est trop domacheuse chose au pauvre et au riche, et trop vilaine. " Quand un bourgeois voulait faire faire des chandelles chez lui, le maître devait venir en personne, pour procéder à cette besogne; s'il envoyait un de ses ouvriers, il était passible de l'amende.


Chaque maître pouvait avoir deux colporteurs pour vendre ses marchandises dans la rue.
L'impôt sur l'achat du suif est indiqué d'une façon très-vague. Le suif en pot payait un denier la douzaine ; en pain, il payait une obole par pain de vingt-cinq livres, et deux deniers pour quatre pains, soit cent livres. Mais, quand le pain était d'un seul morceau, eût-il pesé mille livres, il ne payait qu'une obole.



Les cierges de cire étaient beaucoup plus réputés que les chandelles de suif : elles éclairaient mieux, brûlaient plus lentement et ne sentaient pas mauvais. Les ruches étaient le plus souvent réalisées en osier, fréquemment recouvert d'un enduit de bouse et de boue. Les abeilles se débrouillaient pour construire des rayons sur une sorte d'entrelas de branchettes. La récolte de cire et de miel sonnait la mort de la colonie et l'apiculteur, comme ici , capturait des essaims sauvages chaque année. C'est bien plus tard que les hausses et les cadres amovibles, qui permettent de ne prélever que le surplus de miel, ont été inventés.






©️ grande-boucherie.chez.tiscali.fr
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Cabaret

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MessageSujet: Re: De la chandelle à la lanterne   Sam 6 Mar - 0:07

j'adore ces sources ecrites, ça nous fait comprendre le monde medieval ... qui n'est pas tres different du notre en somme ... l'eclairage public au med comme un peu l'installation des cam de nos jours dans les rues
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MessageSujet: Re: De la chandelle à la lanterne   

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