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 Les Bâtards

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Gérault d'Armagnac
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Age : 45
Localisation : Sablons
Date d'inscription : 08/02/2009

MessageSujet: Les Bâtards   Lun 22 Fév - 23:55

Bâtard. — Le bâtard était, sous le régime féodal, considéré comme un aubain et sa succession comme une épave (voy. Aubain et Épave). Le seigneur, dans le domaine duquel il naissait ou mourait, était maître de sa personne et de son bien. C'est ce qu'on appelait droit de bâtardise. Au xiiie siècle, les jurisconsultes commencèrent à réclamer pour le roi le droit exclusif de bâtardise ; ils déclarèrent en même temps que le bâtard pourrait disposer par testament d'une partie de son bien. La lutte qui s'engagea entre l'autorité royale et les seigneurs féodaux, à l'occasion du droit de bâtardise, se prolongea pendant plusieurs siècles. Au xvie siècle, quinze coutumes se prononcent en faveur des seigneurs ; dix-sept pour le roi. Il fut enfin décidé qu'au roi appartenait la succession de tous les bâtards ; ce fut un des droits domaniaux. Cependant on réserva le droit des hauts justiciers, qui avaient de toute antiquité hérité des bâtards, à condition que les bâtards fussent nés sur leurs terres, y eussent vécu et y fussent morts. La révolution de 1789 a aboli le droit de bâtardise, en autorisant les bâtards à disposer de leur bien par testament ; mais, dans le cas où ils meurent sans avoir testé, leurs biens reviennent à l'État. — Le bâtard d'un noble pouvait, s'il était reconnu par son père, porter le nom et les armes de la famille, mais il devait y ajouter une barre qui traversait entièrement son écusson de gauche à droite et que ni lui ni ses descendants ne pouvaient enlever. Vov. pour les détails Bacquet, Du droit de bâtardise.

d'après le Dictionnaire historique des institutions, mœurs et coutumes de la France
Adolphe Chéruel (1809-1891) — Paris, 1899


BÂTARD, subst. masc., enfant né hors du légitime mariage. D'après l'ordonnance de saint Louis, de l'an 1270, le Bâtard ne devait point hériter de ses parents. Cependant, on a vu les Bâtards des nobles jouir, dès les plus anciens temps et jusqu'à l'année 1600, des privilèges de la noblesse, et conserver les prérogatives des noms et des armes dont ils tiraient leur origine ; mais ils étaient obligés de charger leurs armoiries d'une brisure. Par édit du mois de mars 1600, les Bâtards de nobles ne pouvaient s'attacher le titre de gentilshommes, s'ils n'obtenaient des lettres d'anoblissement.

Les enfants légitimes issus de pères et aïeuls aussi légitimes, jouissaient du privilège de la noblesse dans la province du Dauphiné, quoique leur bisaïeul fût Bâtard. (Édit du 24 octobre 1659).

Dans l'ancien temps, l'état des Bâtards était tel, qu'à peine faisait-on quelque déférence entr'eux et les enfants légitimes. C'est sur ce fondement qu'eux-mêmes employaient pour désigner leur état, un terme peu usité aujourd'hui dans notre langue, et on en trouve une foule qui se qualifient Bâtards. La chambre des comptes et le cabinet de l'ordre du Saint-Esprit, contenaient une infinité d'actes qui prouvent ce fait, ainsi que leur rang et leur noblesse. On les voit servir dans les armées avec les autres gentilshommes, parvenir ainsi qu'eux à la chevalerie, aux places de capitaines de compagnies de l'ancienne ordonnance, de chambellans de nos rois et de gentilshommes de leurs maisons, à celles de capitaines et de châtelains des villes. Entre un nombre d'exemples qui établissent la considération qu'on accordait aux enfants naturels des grandes maisons, on a choisi les quatre suivants :

Le premier est tiré d'un registre des chartes du roi. Il apprend que Garciot, fils naturel de la maison de Comminges, capitaine de cinquante hommes d'armes, au service du comte de Pardiac, se battit, vers l'année 1409 avec Jean de Lauter, parce que celui-ci lui avait reproché qu'il n'était pas digne d'être appelé Bâtard de Comminges.

Le second est celui de Jean de Lescun, fils naturel d'Arnaud-Guillaume de Lescun et d'Anne d'Armagnac (dite de Ternes), lequel se faisait appeler le Bâtard d'Armagnac. Il fut maréchal de France et comte de Comminges et de Briançonnais, gouverneur de Dauphiné, et lieutenant-général en Guyenne, premier chambellan du roi Louis XI et chevalier de l'ordre de Saint-Michel à son institution en 1469. Il épousa Marguerite, fille de Louis, marquis de Saluces, et d'Isabelle Paléologue de Montferrat, et en eut deux filles, mariées dans les maisons d'Amboise et de Montferrand.

Le troisième concerne Jean de Harcourt, fils naturel de Jean VII, comte de Harcourt. Les archives de Lorraine apprennent qu'il signa le premier, et avant Jean de Ligneville et autres des plus apparents de la cour de Lorraine, l'acte de cession qu'Islande d'Anjou, duchesse de Lorraine, fit de son duché à René de Lorraine, son fils aîné, le 3 août 1473, ainsi que le contrat de mariage de Charles d'Anjou, comte du Maine, avec Jeanne de Lorraine, du 21 janvier suivant. Ce prince, qui fut depuis roi de Sicile, lui transporta la seigneurie de Gironde en Poitou, par lettres du 4 avril 1475, dans lesquelles il le qualifie son cher et amé cousin.

Le quatrième enfin regarde Armand, Bâtard de la maison de Clèves. Le roi Louis XII le qualifie son cher et féal cousin, dans les lettres de légitimation qu'il lui accorda au mois de janvier 1506.

On peut joindre à ces exemples un trait de l'histoire de Languedoc, qui prouve que la qualité de Bâtard d'une grande maison a pu être un objet d'ambition ; c'est qu'André de Ribes, capitaine de Routiers en 1426, se faisait appeler le Bâtard d'Armagnac, quoiqu'il ne le fût pas.

Jean d'Orléans, comte de Dunois, si célèbre dans l'histoire de France, et à qui Charles VII dut son trône, était fils naturel de Louis, duc d'Orléans, assassiné par les ordres du duc de Bourgogne dans la rue Barbette, à Paris. Valentine de Milan, épouse légitime du duc d'Orléans, disait du comte de Dunois : qu'il lui avait été dérobé, et qu'aucun de ses enfants n'était oüssi bien taillé à venger la mort de son père que celui-là.

d'après le Dictionnaire encyclopédique de la noblesse de France
Nicolas Viton de Saint-Allais (1773-1842) — Paris, 1816
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