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 L’organisation de l’ost breton au XVe siècle

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Gérault d'Armagnac
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Date d'inscription : 08/02/2009

MessageSujet: L’organisation de l’ost breton au XVe siècle   Mar 19 Jan - 15:39

L’organisation de l’ost breton au XVe siècle
Écrit par Huchehault


Cette présentation a été réalisée à partir du mémoire de maîtrise de Olivier PERRIER (Université de Rennes II 1987-1988) concernant l’organisation de l’armée de campagne des ducs bretons au XVe siècle (de Jean V à François II).



Au XIVe et XVe siècle, le mot "Lance" correspond à un chevalier ou un escuyer, en armure, monté et muni... d’une lance. Or ce personnage ne se déplace pas seul. Il est accompagné d’autres combattants moins bien armés que lui, moins équipés, voire possédant des armes de trait. La "lance" est donc en fait un groupe de combat tactique. Sa composition exacte varie avec le temps, l’organisation se faisant plus précise vers la fin du XVe siècle.



L’"escuyer" est un personnage de la plus basse noblesse possible (et souvent pauvre, surtout en Bretagne). Il n’y a pas encore de "chevalier" dans notre troupe, cela nécessite un armement et un équipement de très bonne qualité et surtout un... cheval ! Nous avons actuellement un escuyer aux "Lances", le sire Alan de la Soraye.

Le "sergent d’armes" est, à l’origine, un proche serviteur d’un seigneur. Le "sergent d’armes" est en fait un combattant lourd, qui combat mêlé aux nobles. Au XVe siècle, le mot "Homme d’armes" ( =homme en armure) désigne non seulement les escuyers et les chevaliers mais aussi les sergents armés. Bien entendu "sergent d’arme" n’est pas un grade comme dans l’armée actuelle. Il n’a pas vocation à donner des ordres aux autres soldats, on appellera plutôt celui qui commande, sorte de sous-officier de l’époque, un "dizenier". Nous avons actuellement un sergent, notre "prévôt" Yeunn ar peul.

Le "vougier" ou "juzarmier" est un combattant muni d’un "vouge" (ancêtre de la hallebarde). Il porte généralement des pièces d’armures (gambison, pansière et/ou cote de maille). L’un des postes aux entrées des places fortes ou simplement du campement est d’ailleur celui de "Voulgier du guet" ; Il doit vérifier le passage des gens, s’assurer qu’aucun marchand ne passe de marchandises avariées ou de contrebande, etc. Chaque soldat aux "Lances" est à même de prendre un vouge et de renforcer la ligne de bataille si les besoins se font sentir.

L’"archier" est un...archer. Il peut être plus ou moins armé (=protégé) ou pas du tout. Il est équipé d’un grand arc en "D" et d’une arme courte pour se défendre. Sur le champ de bataille, les archers se placent en groupe sur le flanc des hommes d’armes, pour gêner par leur tir l’avance ennemie. Dans la troupe, Denez et Teiz sont archier d’ordonnance, Mat-Tre, Louarn sont Francs-archiers. Il est possible aussi de trouver des "arbalestriers", équipés souvent plus lourdement et possédant un grand bouclier ou pavois les protégeant au moment de recharger. Les arbalestres peuvent être équipés de différents systèmes de rechargements (cranequin, étrier, palan). Le gars Pattern est tout à la fois notre arbalestrier et notre facteur d’arbalestrie. S’agissant d’armes demandant du sérieux, tout "archier" ou "arbalestrier" devra être accepté comme tel par l’association et montrer qu’il sait manipuler son arc ou son arbalète avec prudence.

Le "hacquebutier" manie une "hacquebute" ou "trait à poudre" ou "couleuvrine à main", c’est à dire l’ancêtre du mousquet. Sur le champ de bataille, les hacquebutiers devaient évoluer en tirailleurs devant les hommes d’armes. Au XIVe siècle, ces armes ne posèdent pas de système de mise à feu propre, si bien qu’un "Boute-feu" est nécessaire. A la fin du XVe, les "couleuvrines à main" commencent à être équipées avec des "serpentins" (support mobile pour la mèche) permettant de tirer seul. Ils sont aussi souvent utilisés lors de la défense de places fortes. De la même façon que pour les "archiers", l’utilisation de poudre noire demande du sérieux et beaucoup d’attention. La fonction d’"hacquebutiers" doit donc être acceptée par l’association. Tous les membres de la bande d'artillerie sont à même d'occuper la fonction de hacquebutier.

Le "bidaut" est un des noms utilisés, de manière assez informelle, pour désigner des combattants très légers, munis de javelots ou d’une arme quelconque, qui s’élancent rapidement pour arceler l’ennemi ou egorger les blessés, puis reviennent vite dès qu’ils font face à quelque opposition. Durant la Guerre de Cent Ans, les plus célèbres sont les "bayounnais" basques et les "coutilliers" gallois mais il est mentionné par Froissard l’existance d’une infanterie légère bretonne.


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Au milieu du XVe siècle, l’armée du duc de Bretagne Piere II comprend plusieurs composantes bien différentes : le ban, les francs-archers, les compagnies d’ordonnance (auquelles sont ratachées les "bandes" d’artillerie).

Le ban

Le ban, c’est la levée féodale traditionnelle, modernisée autant que possible. L’ordonnance ducale du 7 février 1450 (en réalité 1451) indique que tout possesseur de fief noble doit se présenter, en cas de besoin, avec un nombre de suivants et un équipement qui dependent de son revenu. Il n’est plus question du titre formel (escuyer ou chevalier ou banneret ou baron, etc), pour l’équipement seule la richesse compte :

Les nobles très pauvres, en dessous de 60 livres de rente, viennent en "habillement d’archier" avec "brigandines, bonnes salades, ou à tout le moins bon paletoques armés de nouvelle façon, sans manches, à laisches de fer ou de mailles sur le bras" et avec un arc, ou s’ils ne savent pas tirer, avec une "juzarme" (=guisarme, voulge)

- de 60 à "VII.vingt" (140) livres de rente, même équipement, accompagné d’un "coustilleur et deux bons chevauc compétents",

- de 140 à 200 livres de rente, "en estat et appareil d’hommes d’armes" (en armure), avec un coustilleur et un page, tous montés,

- de 200 à 300 livres, en armure avec un archer ou juzarmier (voulgier) en brigandine, un coustilleur et un page montés,

- de 300 à 400 livres, en armure avec un archer, un juzarmier, un coustilleur et un page montés,

- de 400 à 500 livres, en armure avec trois archers (ou deux archers et un juzarmier), un coustilleur et un page montés,

- de 500 à 700 livres, en armure avec quatre archers (ou trois archers et un juzarmier),un coustilleur et un page montés,

A cette époque, les nobles n’emmènent plus des masses de paysans mal armés à la guerre.

Les Francs-archers

Les francs-archers sont crées en 1425 par le duc Jean V sur le conseil de son frère Arthur, comte de Richemont, connétable de France, qui a séjourné en Angleterre. C’est une milice paroissiale : chaque paroisse désigne trois hommes, ou davantage (suivant la taille de la paroisse), qui sont exempts d’impôt mais qui doivent s’entraîner régulièrement et répondre à toute convocation. Malgré le nom de "francs-archers", ils ne sont pas forcément archers mais doivent (en principe) amener l’équipement suivant :

- "Ceulx qui sauront tirer à l’arc, qu’ils aint arc, trousse, cappeline, coustille, hache ou mail de plon t soint armez de fors jacques, garnis de laisches, chesnes ou mailles pour couvrir les braz et ceulx qui ne seront tirer de l’arc, qu’ils soint armez de jacques et aint cappelines, coustilles, haches ou voulges et avecques ce aint paviers de tramble ou autre boais plus convenable qu’ils pourront trouver et soint les paviers longs à couvrir hault et bas."(20 mars 1425)

(cappeline = casque ; coustille = épée ; mail de plon = maillet de plomb ; jacque = cotte gambisonnée ; chesne = chaîne plate fixée le long du bras ; pavier = pavois).

Les compaignies d’ordonnance

On les appelle ainsi car elles sont crées par des "ordonnances" (décrets) du souverain. Elles répondent au besoin d’avoir une armée permanente et professionnelle.

L’ordonnance française apparaît en 1445 sur instigation d’Arthur de Richemont (encore lui !). En Bretagne, elle apparaît peu après, sans doute sur ses conseils ; on ne connait pas la date, probablement avec les réformes de 1450-51. La première trace écrite date d’août 1454, où le duc met cent lances "pour la garde du pays" réparties en trois villes : Conq, Saint Malo et Brest. En général, la lance d’ordonnance bretonne compte quatre combattants : un homme d’armes, un coustillier et deux archers qui se déplacent tous à cheval.

Remarque : le "coustilleur" est fréquement mentionné, c’est tout simplement un combattant muni d’une épée ou équivalent ; son rôle est ici surtout d’accompagner un homme d’armes.

Le terme "archer" finit par désigner non seulement les tireurs à l’arc mais aussi les "juzarmiers" (voulgiers) sans doute parce que ceux-ci portent les mêmes protections et sont aussi rassemblés en grandes unités de piétons sur le champ de bataille (contrairement aux arbalétriers, qui sont plutôt des tirailleurs dispersés).

texte initial écrit par Huchehault.
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Pecorette
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MessageSujet: Re: L’organisation de l’ost breton au XVe siècle   Mer 20 Jan - 18:46

dans le cadre d'un ban,
a priori, tu nous verais dans quel type de cathégorie ?

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Enguerand de montmein

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MessageSujet: Re: L’organisation de l’ost breton au XVe siècle   Jeu 21 Jan - 1:19

Aucune.nous ne pouvons pas axer nos recherche sur sur source si tartive.Va voir à l'Ost si j'y suis...........
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Gérault d'Armagnac
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MessageSujet: Re: L’organisation de l’ost breton au XVe siècle   Jeu 21 Jan - 1:52

J'ai posté ces textes uniquement parce qu'ils sont interessant. On ne peut s'en servir dans notre cadre "1382".
En fait a la base de cherchais des info sur les voulges (longueur des hampes)...
A part la mention "plus courte que les lances" vers 1420, j'ai rien trouvé...
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Pecorette
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Age : 33
Date d'inscription : 03/08/2009

MessageSujet: Re: L’organisation de l’ost breton au XVe siècle   Jeu 21 Jan - 11:44

Enguerand de montmein a écrit:
Va voir à l'Ost si j'y suis...........


je vais m'gener tiens !

_________________
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Cabaret

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MessageSujet: Re: L’organisation de l’ost breton au XVe siècle   Lun 1 Fév - 0:15

c'est quand meme interessant de compiler des ordonances de diverse époque, ça peut nous en faire comprendre l'evolutions mais pour ma part j"ais pas mal d'interrogation comment tout ce petit monde se rangeait en ordre de bataille pour former une cohesion tactique et utiliser au mieux les potentielles de chaque type de guerriers ... on devrait peut etre aussi aller du coté de notre bon Duglescin, plus l'époque du contexte de l'assos, y magniat la guerrilla autant que la bataille rangée
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